Chapitre 1


      Les oreillers qui me soutiennent la nuque sont une bénédiction pour moi, depuis que Jérôme, mon domestique, me les a présentés lors de la cérémonie de mon investiture comme chef infirmière de l'hôpital Wembo-Nyama au Congo le 12 décembre 1949. Pendant plus d'un an, mon cher Jérôme a amassé les précieuses plumes des nids du Cameroun Scrub-Warbler et avec deux peaux de lion achetées au Marché Central de Léopoldville, il m’a confectionné ces oreillers. Il les a gardés dans sa chambre, attendant le moment opportun pour me les remettre. Il n’existe pas d’oreillers plus confortables au monde. J'ai fait venir Jérôme et les oreillers à Tournai, quand je suis rentrée dans ma ville natale au sud de la Belgique. Je l'avais quittée quarante-cinq ans auparavant. Je suis reconnaissante à l’un comme à l’autre, comme aucun autre cadeau.

         Dans ma suite à la maison de retraite St Jean de Tournai, soutenue par les oreillers de Jérôme, je m’emploie à atteindre l'objectif que je me suis fixée : accéder au monde extérieur avec ce que je pense être une histoire unique – une histoire qui n'est ni narcissique, ni prône à préjugés, pas même un délire, ou comme les gens me l’ont jeté à la figure, une histoire de vieille nonne ( je préfère renonciatrice ; nonne étant jusqu'à récemment un terme injurieux réservé aux personnes âgées) tissant ses besoins de rédemption pour une vie anormale gaspillée. Bien sûr, à l’échelle du monde, ce n'est pas une histoire exceptionnelle ; et pourtant c’en est une – là où ça compte – dans le récit de deux simples religieuses. Les gens ne savent pas reconnaître une histoire excep- tionnelle quand ils en entendent une. Non! Ils doivent être avertis. Il est difficile de décider par soi-même.

      C'est particulièrement vrai si l'histoire est celle d’une religieuse. Cela m'amène à souhaiter que les gens soient aussi patients que mon carnet de notes. Vous voyez, mon carnet peut supporter tout et son contraire. Ou, comme l'a dit Anne Frank, Papier heeft meer geduld dan mensen. Et c'est vrai, les carnets ont plus de patience que les gens.

       À la Maison Saint-Jean, j'écris mes notes sur Maria et moi pendant une heure le matin, et si je fais avant 15 heures une prière évocatrice et sincère sans interruption de mon ami « le mot », j'écris une heure et demie de plus l'après-midi. À la Maison Saint-Jean, je discute avec moi-même et mon carnet de ce que je dois dévoiler et jusqu’à quel point il m’est permis d’aller, consciente d’être soumise à un devoir de discrétion : un serment fait à mon ordre de ne pas divulguer ce qui pourrait lui nuire.

    Ce qui m'a libéré de la crainte d'entrer dans les détails de ma vie ecclésiastique, c'est qu'il existe déjà sur les étagères des bibliothèques une histoire de religieuse dans le plus beau livre qu’il m’est été donné de lire : le roman de Kathryn Hulme, écrit en 1956 : « L’Histoire d’une Religieuse ». Le roman de Mme Hulme entre dans tous les détails de la vie de cette religieuse : sa routine quotidienne, de son premier jour d’aspirante à ses derniers vœux et bien au-delà, fouillant chaque centimètre du voyage de cette religieuse belge, s’arrêtant seulement au moment précis où elle ferme la porte du couvent derrière elle et pénètre dans un monde en guerre. Après l’avoir lu d’un trait, en une nuit, « L'histoire d’une Religieuse » a fait surgir de ma mémoire les kilomètres de catacombes de Priscilla, les caves sous la cité de Rome et la basilique de San Silvestro que j'ai visités en 1969. Même les sous-vêtements de la religieuse sont discutés dans L’Histoire d’une Religieuse. Et, bien sûr, les règles omniprésentes sur lesquelles l’obéissance règne, suprême. Ces règles sont révélées en détail et débattues sans relâche dans le chef-d'œuvre de Mme Hulme. À mon chevet, je le consulte constamment, comme s'il s'agissait de mon propre journal, consciente qu'il est plus facile de parler de quelqu'un d'autre que de soi-même. Si vous êtes un étranger ou si vous vivez par procuration, vous pouvez être obsessionnel avec les faits. Une initiée, en revanche, doit être spécifique, prudente et même évasive quand nécessaire ; surtout si une bien-aimée est impliquée. Alors, que me reste-t-il à dire? À ma grande surprise, je découvre que de parler de Maria me permet de parler moins douloureusement de moi-même. Néanmoins, mon habileté est vite dissipée si je dois dire d’ou je viens ou ce que je suis. Heureusement, le roman de Mme Hulme abonde dans l'abnégation assidue de la religieuse et la manœuvre machiavélique du couvent pour tromper la vie ou, comme le dit Mme Hulme : « sa vie contre nature ». Cela m'a donné l’introduction que je cherchais pour raconter l'histoire de Maria et la mienne sans entrer dans les minuties de la vie monacale d'une religieuse et trahir nos vœux. Je me dis que si Mme Hulme a déjà abordé avec tant de souci pour les détails tout ce qu’il y a à dire sur la vie quotidienne d'une religieuse belge et avec plus d’éclat que je ne pourrais jamais le faire, par honte, arrogance ou joie, sans oublier le fait fatal de la vieillesse, je peux être perverse – pas contestataire – sur ce que je peux révéler des indulgences que Maria et moi ne nous sommes pas refusées. Je peux alors mettre « L'histoire d’une Religieuse » de Mme Hulme de côté et révéler la vie de deux religieuses qui ont trompé les règles afin d'être fidèles à elles-mêmes. Libérée de l'appréhension de divulguer ce que je ne devrais pas, plutôt que de me focaliser une fois encore sur notre sororité, je peux simplement me pencher sur Maria et moi. Grâce au roman de Mme Hulme, le nôtre peut donc se consacrer à façonner à partir d’une vue de l’intérieur une odyssée chargée de récits personnels, qui provoquera des sourires complices aux lèvres des femmes ou des grimaces des mères supérieures et des évêques, ou les deux pour qui s’intéressera à notre histoire. Mais je ne me fais pas d’illusion, pas vraiment. Personne ne me croira, surtout les hommes dont l’attitude envers les femmes qui s’aiment est égoïste. Néanmoins, je crains que le fait de raconter l'histoire de deux jeunes religieuses à la manière de Stein et Toklas ne soit censuré. Toutefois, mon aspiration à côtoyer le monde extérieur est inévitable, et je persiste, pressée par le fait inéluctable de la vieillesse, redoutant une santé déclinante qui échappe à mon contrôle ; redoutant plus encore l'aide du personnel qui se réfère à moi non pas comme Sœur Immanuel mais comme « La Folle de Tournai ». Jusqu'à présent, parce qu'ils ont un regard concupiscent sur l’héritage qu'ils attendent de moi, ils le disent derrière mon dos ; cependant comment sera la semaine prochaine, je ne le sais pas. Mais je veille ; je n’attends pas de crever stupidement. Ma peur absolue est que je ne serai pas à la hauteur de ma tâche, que je serais injuste envers mon amour, ou que je dirai trop et écrirai l’hagiographie maladroite de quelqu'un qui n'était pas une sainte.

       Le père Brabant nous a dit que le ciel accordait toutes ses clémences aux amoureux ; je suis sûr, cependant, que le ciel n’est pas indulgent envers les religieuses qui ne disent pas la vérité.

Le suicide est le lien entre toutes les notes que j'ai enregistré sur Maria et moi. Dieu a voulu que « suicide », le mot, retentisse dans mon esprit comme un tambour, me questionnant grossièrement au rythme de : « Que faut-il faire quand la vie ne vaut pas la peine d'être vécue ? Hein ? » Ce mot est un mot tapageur. Il me garde éveillé des nuits entières, hurlant son énigme dans ma tête. Ensuite, aussi frivole que bruyant, pendant des semaines, le mot devient silencieux, ce qui me permet de répondre toute seule à sa question sur la vie.

        Ce mot – suicide – a débuté comme mon compagnon tapageur et frivole le jour ou ma tante m'a confié que ma mère avait mis fin à ses jours. J'avais onze ans quand elle est morte, mais je n’ai appris comment que seulement douze ans plus tard, le jour où je suis devenu religieuse.

         Le 17 août 1945, un dimanche, tard dans la matinée ; le temps était couvert et assez froid pour que la fumée des cheminées s'accroche de façon hivernale à la ville et donne au jour une allure maussade. Il y a une heure, j'ai fait ma profession des vœux de chasteté, pauvreté et obéissance, suivie des vœux officiels d'une religieuse de la Croix Perpétuelle. Maria à mes côtés, comme depuis l’âge de nos sept ans, ses traits de Greta Garbo plus distincts que jamais encapuchonnés dans son scapulaire qui lui couvre les cheveux et encercle son cou et son menton, la tenue qui différencie les sœurs de la Croix Perpétuelle des autres ordres. Elle est resplendissante dans l'accomplissement de son rêve de devenir une religieuse. Elle rayonne comme un ange sur le plafond de la Chapelle Sixtine dans sa promesse faite à Dieu Tout-Puissant en présence de la Mère Vierge, le ciel et les gens de la ville qui sont venus remplir les bancs de notre magnifique cathédrale gothique du 13ème siècle : Notre Dame de Tournai. Le rayonnement de Maria éclaire toutes les nouvelles renonciatrices et, grâce à elle, nous resplendissons.

      Marchant solennellement en procession en chantant gravement avec toute la passion de nos cœurs « Veni Creator Spiritus », nous sortons de la cathédrale pour recevoir les félicitations et les meilleurs vœux du monde entier, heureux pour nous et heureux que la guerre soit terminée. Les salles boches ont fui la Belgique. Maria me presse la main à la vue d'un groupe de femmes aux têtes rasées : des collaboratrices, toutes habillées en noir, debout à gauche des portails de l’église, loin sur le côté. Elle ne me serrera plus la main aujourd’hui. Autre fait étrange : deux familles africaines se tiennent non loin de ces femmes. Elles y trouvent une certaine sécurité, je suppose. La sécurité de la ressemblance.

       Ma tante s'était garée à l'extérieur de l’église, sur le côté droit du portail principal, pour mieux m’intercepter lorsque la procession prendrait fin, et que les heureuses religieuses se jetteraient dans les bras de leurs familles et amis. Soudain, je l'ai senti empoigner ma manche et me tirer vers elle comme si son existence dépendait de m’avoir à ses cotés. Une petite créature, comme toujours en noir depuis la mort de ma mère, avec une expression désagréable sur son visage de couleur jaune terne.

       Je serre la main de Maria, mais Tantie, comme ma tante m’a dit de l’appeler, annonce qu'elle doit me parler en privé ; elle a quelque chose de « personnel » à me confier. Maria me lâche la main et, à regret, parce que cela me brise le cœur qu'elle ait retiré sa main si brusquement, je suis ma tante. Et en ce jour du Seigneur, journée d’août glaciale, comme quelqu’un qui s'efforce d’expulser ce qui l’étouffe, elle me fait un discours sur les marches de Notre Dame de Tournai : «Aujourd'hui, tu dois savoir que ta mère n'est pas morte de typhoïde comme te l’a dit ton père. Elle s'est suicidée. Tu es celle qui peut la sauver maintenant avec ta chasteté et tes prières. C’est pour sa rédemption que Dieu dans sa charité a fait de toi une religieuse ». Stupéfiée, comme un personnage de bandes dessinées, je regarde à gauche et à droite. Je ne sais quoi dire.

      Après le déjeuner, elle demande à son mari de me conduire dans leur vieille Peugeot de 1937 sur le lieu où ma mère s’est pendue à Forest-sur-Marque, un village de l'autre côté de la frontière, en France, où ma mère était enseignante d’une section de maternelle.

       L'arbre est encore là, à la périphérie d'un parc nommé d’après le Marechal Pétain, semblant en quelque sorte blessé ou offensé, solitaire, comme un intrus, perdu contre le ciel effiloché. J'avance vers lui comme si c'était la Croix, et je m'agenouille pour prier en contemplant une icône. Je me souviendrai toujours de ce parc comme d’un mémorial caché à ma mère.

      Après un long moment à prier, le regard fixé sur lui, me demandant ce qui avait persuadé ma mère de choisir cet arbre, mon oncle, que ma tante m’a dit d'appeler Tonton, me fait remarquer qu'une branche a été sciée. Et, avec des gestes de la main, comme pour minimiser l'intrusion sur le silence révérencieux et le vent sporadique, il explique qu'il a amputé l'arbre à la demande de ma tante et a été contraint de payer une amende de dix mille francs à la gendarmerie de Forest-sur-Marque qui n’était pas ravi qu’un parc portant le nom du maréchal soit profané. J'aurais aimé que Maria soit là pour me dire ce qu'il fallait penser. Et pourtant, je n’ai jamais pu lui dire que ma mère s'était pendue.

       C’est en silence que nous rentrons à Tournai. Mes yeux sont fixés sur le paysage qui défile, mais je ne vois que l'arbre à Forest-sur-Marque. Crispé, mon oncle est agrippé au volant et ne regarde que la route. Brusquement j’entends : «Personne ne sait vraiment ce qui a poussé ta mère à faire ce qu'elle a fait en 34. Je me souviens qu'elle était désemparée, désespérée même. Mais c’était à cause de ton père ; il était en cavale avec cette cousine de Lille. Un coureur de jupons fou, ton père », déclare mon oncle d’une manière qui signifie la colère. « Un vrai bouc, si jamais il y en avait un », ajoute-t-il. « C'est lui qui a décidé qu'on te dise que ta mère est morte de la fièvre typhoïde qui faisait des ravages en 34 ».

       « Je suis sûr qu’elle se serait servi d’une arme à feu si elle en avait eu une. C'est plus simple »,  ajoute mon oncle à l'improviste. « Mais peut-être qu'elle ne voulait pas nous imposer plus de contrariétés. C’était une personne très prévenante, ta mère. Mais Dieu merci, elle a été retrouvée. La chose dont je suis le plus sur au monde est qu’exister est insupportable si c’est tout ce qu’on a dans la vie ».

        Mais elle m'avait. Pourquoi n’a t’elle pas pensé à moi ? Je ne comptais pas pour elle ? C’est ça ? Je n'ai rien dit à haute voix ; il y avait comme un tambour étrange dans ma tête que j'avais entendu pour la première fois il y a quelques heures seulement. Entre temps, la pluie a recommencé à tomber. Il n'y avait pas de vent. À Tournai, la pluie refuse de laisser entrer le vent ; et les gens prient pour la sécheresse.

        Mon oncle se réinstalle dans son silence habituel, pour me permettre de démêler seule le sens du suicide de ma mère. Peut-être parce qu'il sait combien la pluie me réconforte, il imagine que la bruine fera mieux que lui pour soulager mon égarement. C'est à moi de comprendre les révélations de la journée.

      Aux yeux de ma tante, ma mère avait commis un grand péché. Qu'elle ne puisse pas supporter d'être en vie parce que c'était tout ce qu’elle avait, pour elle ma mère avait commis le plus grand péché. En cédant au suicide, elle avait perpétré un acte maléfique. Elle avait, au dessus de toute chose, le besoin impérieux d’une religieuse, de sa propre religieuse, pour prier pour le secours de son âme. J'étais consternée, là-bas, sur les marches de Notre Dame, confuse, mais ne portant pas de jugement, grâce à Dieu ; probablement parce que c’était ma tante qui m'avait révélé le secret sur ma mère de cette voix infléchie qu'elle réservait pour paraître solennelle. Maria et moi détestions cette voix. Au lieu d’un jugement, je ressentais une certaine envie que je n'aurais pas pu expliquer. J’ai passé toute une vie à essayer de comprendre ma réaction. Envie! Envie envers une femme indépendante, peut-être si fortement opprimée qu'elle ne pouvait plus se supporter. Elle est arrivée à un carrefour où la vie l’a confrontée à la question : « Est ce que ma vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue ? » Combien de temps est-elle restée à ce carrefour, à réfléchir ? Est-elle restée là longtemps? Dans la prière, j’en suis sûre, pour que la terreur de la corde la quitte. Quelle que soit la durée de son attente à ce carrefour ; quel que soit la menace de la corde, sa réponse a été non : la vie ne valait pas la peine d'être vécue. Elle était au dernier étage d’un gratte-ciel en feu sans issue. Face à une telle épreuve, les gens choisissent de sauter plutôt que d'être brûlés.

        Conscience et peur sont deux attributs des gens âgés, et je souhaite depuis mes vingt-cinq ans pouvoir observer le monde avec l'esprit d'une vieille femme, une vieille femme comme celle que je suis maintenant, écrivant ces notes, soutenues par les oreillers de Jérôme ; débattant quel type d’informatrice je vais être à la lumière de ce que Mme Hulme a déjà révélé et jusqu’ à quel point je peux dévoiler mon histoire et celle de Maria. J'étais trop pessimiste à l'époque ; trop jeune pour l’église, quand le tambour s’est décidé à me harceler pour répondre à la question de savoir si la vie valait ou pas la peine d’être vécue. Heureusement, j'ai su être fidèle à ma nouvelle vocation et c'est elle qui m’a permis de résister comme un ange du Seigneur aux battements du tambour dans ma tête et m'a sauvée de ma nature rebelle et trop pessimiste. La conséquence de tout cela est que j'ai réagi comme ma tante, le Missa Solemnis résonnant en harmonie avec les battements du tambour. « Se demander si la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécu est une profession de doute qui défie l’injonction de la Sainte-Trinité – un acte de sédition envers l'autorité divine, un grand péché ». Et je n'ai jamais mentionné le suicide de ma mère à Maria ; j'avais peur qu'elle pense que ma mère était folle. Elle avait assez souvent dit que je l'étais, quand je voulais quelque chose de plus généreux qu'un baiser. Cette peur a été renforcée et s'est intégrée dans mon esprit quelques années plus tard à Léopoldville, où le diocèse de Bruxelles nous avait assigné. Un malade souffrant de dysenterie, un économiste français, s'était suicidé. Après cet événement, je ne pouvais plus m'empêcher de penser que ma mère avait elle aussi été sous l'influence d'une maladie mentale. C'est plus de quarante ans après, installée à la Maison Saint-Jean, que j'en conclus que ma mère n'avait commis aucun péché. Mais j'admets que c'était peut être une conclusion égoïste, adoptée en espérant l’absolution sur la manière dont ma propre vie allait prendre fin.

  Chris Filostrat et Lucie devant leur maison au nord-ouest du Pacifique.                          Sur la plage, Lucie adore courir après les mouettes.   

               









































































   The Gospel of Thomas

The Gospel of Thomas is the story of a Peace Corps volunteer whose experience in Senegal is crucial to what he does when he becomes President of the United States. Turmoil in the Catholic Church threatens religious wars in the world. The president is forced to get involved, and he remembers a charismatic Congolese bishop he met in Senegal and decides that this bishop should be pope. The Chinese get an inkling of the president’s intention. The bishop is a strident censor of Chinese policies in Africa. They too then are forced to get involved.   

 

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                   The Beggars' Pursuit 

The Beggars' Pursuit is the first of Chris's books to tell the story of Africa's European colonization.  Fittingly it begins with a Belgian priest who takes his first vacation in Paris in 1936. He meets and befriends African students and even falls in love with a Senegalese one. These students frighten him out of his clerical vocation, as he realizes that they are plotting the demise of Belgian colonialism in Africa. He meets up with Leopold Senghor, who, ashamed of his first name, calls himself, L. Sedar Senghor, Aimé Césaire and Léon Damas who talk about nothing else but Négritude and Marxism. The priest will go to the Congo, where he will attempt to turn the Congolese away from their ancient beliefs. When he’s poisoned, he accepts that he has wronged the Africans and as penance he gives himself willingly to the great river.   

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                  Negritude Agonistes

Negritude Agonistes is the story of a word and where scholars thought it came from.  Negritude was used for the first time in one of the many insignificant student newspapers in 1935 Paris.  In l’Etudiant Noir, Aimé Césaire uses that word – the black self – against the Communists' call to the French colonies in Africa and the Caribbean to rise up under their banner.  Césaire brings forth the term Négritude to argue in favor of "Racial Consciousness" against the Communists’ incitement to “Social Revolution.”  When he renounced his membership in the Communist Party in 1956, he wrote his famous Letter to Maurice Thorez in exactly along the same lines, a repetition of his 1935 Racial Consciousness and Social Revolution article in l’Etudiant Noir.

 

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Léon G. Damas



Mine


de


Rien


The last collection of poems by one of the originators of Négritude, Leon G. Damas is Mine de Rien. (When Damas was composing Mine de Rien, he would call me over to his apartment in southwest, Washington D.C. to read aloud what he had written. Back then my translation of Mine de Rien was “Casually.” It was also my understanding that Damas, who loved play on words, was also referring to the gold mines of his native Guyanne.)


Mine de Rien is at: http://www.leondamas-mine-de-rien.com/ It’s a great read and a chance to practice your French.


Le dernier recueil de poèmes  par l'un des initiateurs de la négritude, Léon G. Damas, s’intitule Mine de Rien. (Lorsque Damas composait Mine de Rien, il m'appelait à son appartement dans le sud ouest de Washington DC pour lire à haute voix ce qu'il avait écrit. A l’époque c''était mon sens que Damas, qui aimait jouer sur les mots, faisait allusion aux mines d'or de sa Guyane natale.)


Mine de Rien est sur http://www.leondamas-mine-de-rien.com/


This is the picture of the issue of the student newspaper in which Aimé Césaire forged the expression and defined the concept of Negritude.




It's the No. 3 (May-June 1935) of L'Etudiant Noir, Journal Mensuel de l'Association des Étudiants Martiniquais en France, The Black Student, Monthly Journal of the Martiniquan Student Association in France. 


If you're interested in Negritude, I would be glad to send you a copy of this issue of L'Etudiant Noir. 

 

Then, too, I strongly recommend you visit http://www.negritudeagonistesbook.com 





                                    Jerome's Pillows

A Belgian nun retires after laboring fifty-five years as a nurse in the Congo. Now she yearns to reach out to the world outside with her unique story. She entered the convent out of love for a classmate whose ambition was to be a nun. Her concern is that what she says will not do justice to her beloved or to her life’s love story. That concern imposes the obligation to tell the truth completely and unadornedly. Then too, she is beset by the question of suicide: what to do if life is not worth living? That started the day of her vows after she was told that her mother had ended her life. Her beloved then commits suicide and she is left alone to witness the decolonization of the Congo. Having arrived there in 1945 she has a front row seat. Dauntlessly she recounts what the Congolese do and how Belgium struggles to retain its grip on the colony. As to the question regarding suicide, she is able to answer in the manner her own life ends.


Get it at:

http://www.ahlpub.com/jeromes-pillows.asp 

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      Sœur Immanuel raconte sa vie et la vie de son grand amour, Sœur Maria, de leur enfance à Tournai, en Belgique, à leur service au Congo colonial dans ce drame psychologique.



        Une religieuse belge prend sa retraite après avoir œuvré quarante-cinq ans comme infirmière au Congo. Elle aspire maintenant à se joindre au monde extérieur et raconter son histoire unique.


          Elle est entrée au couvent par amour pour une camarade de classe dont l'ambition était d'être nonne. Son souci est que ce qu'elle va raconter ne fera pas justice à l’amour de sa vie, une préoccupation qui lui impose une vérité complète et sans détour. 


    Par ailleurs, elle est obnubilée par la question du suicide : que faire si la vie ne vaut plus la peine d'être vécue. Cette énigme a commencé le jour de ses vœux solennels après qu'on lui ait dit que sa mère avait mis fin à ses jours. Sa bien-aimée se suicide également, et, c’est elle, restée seule, qui doit assister à la décolonisation du Congo. Arrivée là-bas en 1945, elle se retrouve au premier rang. 


  Avec détermination, elle raconte ce que font les Congolais et comment la Belgique lutte pour maintenir sa colonie. 


         Concernant le suicide, elle parvient à répondre à la question par la façon dont elle terminera sa propre vie.

Chris Filostrat et Lucie devant leur maison.
Sur la plage, Lucie adore courir après les mouettes.